Le FAVN réalise avec succès un premier test de la technologie DVB-I, nouveau standard de télévision hybride

Le Forum Audiovisuel Numérique (FAVN) a présenté les premiers résultats concluants de la phase 1 de test du standard DVB-I, une technologie qui unifie l’accès aux chaînes et services audiovisuels, quel que soit leur mode de diffusion (TNT, satellite ou Internet). Cette démonstration confirme la capacité de DVB-I à offrir une expérience de télévision plus…

Le Forum Audiovisuel Numérique (FAVN) a présenté les premiers résultats concluants de la phase 1 de test du standard DVB-I, une technologie qui unifie l’accès aux chaînes et services audiovisuels, quel que soit leur mode de diffusion (TNT, satellite ou Internet). Cette démonstration confirme la capacité de DVB-I à offrir une expérience de télévision plus fluide, enrichie et transparente, tout en préservant les usages traditionnels des téléspectateurs. Compatible avec les exigences de visibilité des services d’intérêt général et déjà en cours de déploiement dans plusieurs pays européens, ce nouveau standard ouvre la voie à une télévision hybride conciliant les atouts du broadcast et de l’IP.

Comment faire cohabiter la télévision traditionnelle et les nouveaux usages du streaming, sans compliquer l’interaction des téléspectateurs ? C’est tout l’enjeu du DVB-I, un standard ouvert développé par le DVB Project, qui permet d’unifier, dans une même interface, la réception de différents services des éditeurs reçus via différents modes de diffusion de la télévision.

À l’occasion d’une démonstration organisée dans les locaux de Visionetics International à Malakoff le 1er juillet dernier les organisateurs du groupe de travail DVB-I ont présenté, les résultats de la phase 1 d’implémentation du standard DVB-I aux membres du FAVN. Cet événement a permis de présenter les premiers cas d’usage concrets de cette technologie. Il a rassemblé une cinquantaine de participants, a permis de présenter les avancées des travaux et les différentes fonctionnalités implémentées dans cette phase.

L’objectif du standard DVB-I est de simplifier l’accès aux services des chaînes en faisant disparaître les frontières entre les différents modes de réception pour le téléspectateur et offrir ainsi cette flexibilité aux éditeurs pour enrichir l’offre TNT. Aujourd’hui, une chaîne peut être diffusée par la TNT, le satellite ou Internet, tandis que les services de replay sont délivrés par internet, souvent au travers d’applications dédiées. Avec DVB-I, toutes ces offres sont réunies dans une liste unique de chaînes, accessible via une interface unifiée. Pour le téléspectateur, il n’y a plus de différence entre une chaîne reçue par la TNT, par satellite, Internet ou un service de VoD : il sélectionne simplement le service qu’il souhaite visionner dans la liste ou au travers d’un guide de programme.

L’ambition est également de préserver les usages qui font la force de la télévision traditionnelle : simplicité d’accès, numérotation des chaînes, zapping fluide, tout en y intégrant les possibilités offertes par Internet, comme les services à la demande ou les chaînes exclusivement diffusées par internet (IP).

Comment fonctionne DVB-I ?

Concrètement, le fonctionnement repose sur un principe assez simple. Lors de son installation, le téléviseur recherche l’ensemble des services pouvant être reçus en fonction des raccordements fait par le téléspectateur, puis interroge en ligne un annuaire de services qui lui fournit la liste officielle des chaînes, leur numérotation ainsi que les informations qui leur sont associées. Pour chaque programme, le téléviseur va ensuite choisir le mode de réception le plus adapté selon sa disponibilité ou la stratégie de l’éditeur : la TNT ou le satellite lorsque le service est présent, Internet (IP) lorsque cela est préférable. Lorsque qu’un réseau est défaillant, il va automatiquement basculer sur un réseau alternatif.

Cette approche permet notamment d’assurer une continuité de service. Le principe est donc celui d’une complémentarité entre les réseaux, et non d’une substitution.

La phase 1 de ce PoC a également montré que cette logique d’alternative pouvait s’appliquer à des chaînes diffusées simultanément en Ultra Haute Définition (UHD) et en HD.

Une télévision enrichie sans changer les habitudes

Au-delà de la diffusion des chaînes, DVB-I apporte également une couche de services supplémentaires. Le guide des programmes généralement disponible disponible sur un à deux jours avec la TNT seule pour des raisons de bande passante disponible, ne connait plus de limite de jours (ici nous démontrons 7 jours)et peut intégrer de nombreuses informations concernant les programmes (textes, images, liens profonds…).

Les contenus de replay peuvent être intégrés directement dans le guide, cette fonctionnalité fera l’objet d’implantation lors des prochaines phases de test.

Le téléspectateur retrouve ainsi une expérience très proche de celle de la télévision classique, mais avec des fonctionnalités supplémentaires héritées de l’IPTV et des plateformes de streaming. Les services des éditeurs, comme les plateformes de replay, à l’image de TF1+ ou de France.tv, deviennent plus facilement accessibles depuis l’interface du téléviseur sur des numéros de programmes attribués.

Broadcast et Internet, deux technologies complémentaires

La démonstration a également rappelé que DVB-I ne cherche pas à remplacer les réseaux historiques.

  • La diffusion broadcast, par la TNT ou le satellite, reste la solution la plus efficace pour transmettre un même programme à un très grand nombre de téléspectateurs en simultané. Elle est gratuite, robuste, sobre, peu sensible à la saturation des réseaux et particulièrement adaptée aux grands événements en direct, à l’image de la Coupe du Monde de Football.
  • Le broadband, c’est-à-dire Internet (IP), apporte quant à lui d’autres avantages : il permet de diffuser un nombre quasiment illimité de chaînes, de proposer des contenus à la demande, des chaînes événementielles ou des services personnalisés.

DVB-I ne privilégie donc pas une technologie au détriment d’une autre : il associe leurs points forts afin d’offrir une expérience de télévision continue et transparente.

Une technologie conforme aux exigences de visibilité appropriée

En affichant directement une entrée dédiée à la liste des services TNT dans l’écran d’accueil des téléviseurs, le standard DVB-I permet une mise en avant de ces services au même niveau que les autres applications disponibles sur le téléviseur. Il répond ainsi aux exigences de l’ARCOM relatives aux services d’intérêt général, notamment à l’article 2 de la délibération du 26 septembre 2024, qui impose aux interfaces utilisateur une mise en avant équivalente à celle des services les mieux exposés.

Ainsi, DVB-I garantit une expérience enrichie aux téléspectateurs tout en assurant un accès simple et rapide aux services et aux programmes audiovisuels.

Une architecture pensée comme un annuaire de services

Sur le plan technique, la démonstration a montré que DVB-I fonctionne comme un vaste annuaire de services. Les chaînes mettent à disposition leurs flux ainsi que les informations qui les accompagnent : guide des programmes, logos, métadonnées ou services de replay. Ces informations sont ensuite regroupées dans des registres accessibles par Internet.

Le téléviseur consulte automatiquement ces données pour construire sa liste de chaînes, la mettre à jour, et afficher les informations associées.

Pour l’utilisateur, toute cette mécanique reste invisible. Il retrouve simplement une grille de chaînes cohérente, un zapping fluide et une interface enrichie.

Une technologie qui entre dans sa phase de déploiement

DVB-I n’est plus un simple concept. Des expérimentations sont déjà en cours dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne et en Italie, où les diffuseurs, opérateurs et constructeurs travaillent à intégrer cette technologie dans les téléviseurs. Des premiers déploiements sont d’ores et déjà annoncés.

Plusieurs fabricants disposent déjà des équipements compatibles, tandis que d’autres poursuivent leurs développements.

Les échanges ont toutefois souligné que le succès d’un déploiement dépend largement de l’implication de tous les acteurs de l’écosystème (fabricants, éditeurs, régulateur, etc…). Dans ce contexte, le FAVN constitue le catalyseur idéal pour mener à bien ces travaux en France, fort de sa structure collégiale qui fédère l’ensemble des acteurs du marché audiovisuel.

À propos du Forum Audiovisuel Numérique (FAVN)

Le Forum Audiovisuel Numérique (FAVN), fondé en 2004, est une association loi 1901 qui rassemble une trentaine de membres représentant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur audiovisuelle en France. Ce collectif unique, composé d’éditeurs de contenus, de fabricants de récepteurs, de diffuseurs techniques d’industriels des médias, et d’opérateurs de distribution, œuvre pour garantir l’intérêt des téléspectateurs, enrichir l’offre audiovisuelle, et promouvoir des technologies de diffusion performantes et accessibles. Acteur clé de l’innovation audiovisuelle, le FAVN accompagne les grandes transformations du secteur, notamment en apportant un soutien technique à la modernisation de la TNT, pilier incontournable de la télévision. Pour en savoir plus, consultez notre site internet : www.favn.fr